OUEST FRANCE


Jean-Pierre Galopin, Géo Trouvetout original - Guingamp

samedi 02 juillet 2011







Il a des points communs avec le savant des aventures de Picsou. Inventif et brillant.

Mais il a, en plus, la sensibilité des artistes. Le Guingampais crée des automates.


Portrait

Depuis quelque temps ils sont apparus dans des commerces guingampais. Dans la vitrine de l'opticien rue Saint-Yves, dans celle d'Armor Lux ou sur le comptoir du Bistrot, Jean-Pierre Galopin expose ses automates. Ingénieur en informatique, réseau et électronique à Lannion, il habite Guingamp depuis trente ans. Passionné d'électronique et adepte des jeux de construction depuis qu'il est enfant, ce Morbihanais d'origine laisse libre cours à ses talents depuis deux ans. Son grand-père était le mécano de la patrouille de France, son père « s'y connaissait », lui-même en a fait son métier et son fils est en BTS électronique au lycée Chaptal, à Saint-Brieuc. Un héritage familial en somme !

« Comme mon fils est dans les études, je voulais lui montrer les choses sous un aspect ludique », explique l'artiste. Première création père et fils : une leave me alone box, traduction : la boîte laissez-moi tranquille. Un drôle de concept sorti de l'esprit d'un professeur de Columbia, l'université new-yorkaise. « C'est une boîte qu'on ouvre grâce à un interrupteur. Un bras mécanique change automatiquement la position de l'interrupteur pour refermer la boîte », sourit Jean-Pierre Galopin. Ça ne sert rien mais le défi mécanique l'intéresse. « Je voulais fabriquer des automates depuis vingt ans et c'est comme ça que je me suis lancé. »

Une souris blanche

Avec notamment Lulu... « Lulu, c'est une souris blanche », annonce Jean-Pierre Galopin. Après la boîte, place aux figurines et pour l'heure c'est Lulu la vedette. Constituée de bois et de résine, Lulu est une automate, l'héroïne des créations de l'ingénieur. Elle lit, rame, boit...

Façonnée à la main, la souris s'anime en fonction du programme créé par son concepteur. « On trouve beaucoup de logiciel en accès libre sur internet et c'est une source d'inspiration sans fin. » Jean-Pierre Galopin avoue d'ailleurs que l'idée de la souris lui a traversé l'esprit après le visionnage d'un film promotionnel sur la toile.

Dans son atelier, les machines pour travailler le bois ou le métal, deux ordinateurs, des bouquins empilés sur les étagères et des câbles de toutes les couleurs, habillent la pièce. « C'est un peu désorganisé, reconnaît le maître des lieux, mais je m'y retrouve. » C'est là qu'il donne vie à ses idées. Un Géo Trouvetout comme le surnomment ses amis.

Pourquoi ne pas vendre ses oeuvres alors ? « Je pense que je vais plutôt m'orienter vers un système de location. Je ne veux pas me séparer de mes bébés », lâche le créateur qui craint que son imagination ne se tarisse s'il fallait faire face à une forte demande. « Moi je veux faire de la poésie en 3D, je trouve ça rigolo ! », conclut-il.

Julie MORIN.



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